Hommage

(Mr Mots)

Tout est nouveau, tout est inné, pour les premières
C’est con à dire, oui mais à vivre c’est légendaire
Je me devais de le chanter, fallait le faire
Je devais rendre hommage à toutes ces premières

Bien qu’à ce jour je n’aie connu, j’en désespère
Meilleure amant’ et meilleure femme que Bérangère
Me fallait-il, putain de moi, de libertaire
Lui passer bague au doigt devant monsieur le Maire ?

Bien qu’à ce jour, nul n’ait jamais fait telle affaire
Ni même eu, bordel à culs, j’suis visionnaire
La p’tite idée que je m’en vais vous la refaire
C’est très spécial oui mais madam’ c’est un’ première

Lors que c’était le mois d’juillet d’une année paire
Je vadrouillais, tu raballais, dirait ma mère
Sans idée franche, je l’avoue, à ma manière
Mais entre nous c’est encor’ les préliminaires

Je possédais un vrai talent, j’avais matière
A surclasser les prétendants des héritières
Je le tenais d’un vieux parent j’en étais fier
L’améliorais modestement d’mon savoir-faire

Quand un beau jour les éléments se transformèrent
Que mes atouts très sûrement périclitèrent
Je faisais tout, je voyais grand, pour qu’on repère
Lequel de vous, sur testament, s’rait légataire

J’lui donnerai non pas un franc mais mon mystère
S’il lui en manque j’fournirai plusieurs exemplaires
J’en f’rai un d’ces enfants qui naissent excédentaires
Ça pour le coup ce s’rait pas vraiment un’ première

Malheureus’ment mon p’tit projet tomba à terre
Un’ telle idée était réellement suicidaire
Rêver qu’un descendant fortune ne dat’ pas d’hier
Et de fortune j’en n’ai aucune tralalalère

En vérité tout’ cett’ histoire n’est qu’un impair
J’y invente tout, or d’habitude je préfère
Quitte à être nouille peut-être oui : être sincère
C’t’un p’tit détour dans la mémoire d’un de mes pères

Une fiction pour rendre hommage à ma première
Noircir la page sans adage et être clair
Georges Brassens est l’apanage d’un tas de frères
Un stimulant, une antidote et sa chimère

J’abandonne là ma rime en -ère et pour finir
Déclame haut et fort ma décision d’av’nir
Je voue mon existence entière à construire
– Que ne donnerais-je pas pour y parvenir ? –

Un vers si beau, comme une ombrelle, une rime si belle
Que’qu’chose venu d’en haut, comme tombé du ciel
Et si un jour sous mon stylo cela s’produit
Soyez témoin de ma promesse je vous en prie

Je l’enverrai d’un coup d’un seul dans son oreille
Pour lui prouver à ce bourru comme elles essayent
Toutes nos plumes de s’élever à ses pareilles
Et d’être dignes c’est d’ailleurs pour cela qu’elles veillent

Le soir venu le même petit rituel
Tirer des mots et défier les blancs en duel
Figer le sens, s’aventurer en d’autres rimes
Trouver une voie et rejoindre enfin une cime

Ne pas répéter ce que antérieurement
On s’est évertué à écrire noir sur blanc
Ne pas tourner en rond et sans cesse chercher
La raison de, chaque soir, ritualiser

Il fut un temps où je plongeais Martel en tête
Dans la lecture des écritures venues de Sète
Ah quelle joie, et tout ce sens, mais quelle fête !
Taire ma révélation serait malhonnête

Je découvrais tous les possibles sous mes yeux
Je maugréais « bon sang mes textes sont affreux ! »
Des rimes pauvres en voulais-tu, et des pieds bots
Ah ça pour sûr ! que j’en avais du boulot…

Je trouvais incroyable de parler de la vie
En évoquant la mort, et puis dire merci
Aux joies filles de joie qui l’avaient transformé en homme
Sans honte aucune, je trouvais ça vraiment énorme

Quand aujourd’hui j’entends les gens dire bravo
Brassens est un très grand parmi tous nos Rimbaud
Il écrit certes bien mais sa musique est pauvre :
Allez-y donc messieurs et tous à vos six cordes

J’en appelle à tous ceux qui dans l’ombre se taisent
Et qui déchiffrent des heures durant, puis jouent à l’aise
Ses musiq’ dont certains extraits sont de vrais œuvres :
Allez-y donc messieurs, attention aux manœuvres

Introniser autant de mélodies si rares
Créer un style nouveau et pomper dare-dare
Mélanger des fratries d’accord à chaque vers
Placer à chaque syllabe son demi-frère

Quoiqu’il en soit si le grand Georges est discret
Au jeu des sons, à la malice il est l’premier.
Merci Léon, merci Fernande, adieu Gontrant
Je tâcherai, au jeu d’la Mort, d’être plus lent.

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En passant

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