A l’été zéro trois

(Mr Mots)

A l’été zéro trois
je jouais les gros bras
j’étais un dur à cuire

Et je n’aimais que moi
ne te connaissais pas
je rêvais de m’enfuir

A l’aube de la vie, croyant que tout est permis
On se laisse le temps
On gaspille à l’envie, on butine c’est ainsi
Quand on a ses vingt ans

A l’été zéro trois
je ne dérogeais pas
j’étais même exemplaire

Le cador, oui ! Le Roi
et charmeur avec ça,
je faisais tout pour plaire

Bien sûr j’avais quand même ma mesure de problèmes,
J’n’avais pas à me plaindre,
C’était tout un poème, tous ces vices , cette flemme,
Ce temps passé à feindre

A l’été zéro trois
j’aurais bien pu, crois-moi,
finir très bas sous terre

Ç’a même été le cas
pour certains, pas pour moi,
j’étais le pot de fer

J’avoue aujourd’hui, ce passé presque enfoui
A forgé mon ensemble,
Pas dans dans du bois de buis, ni dans un souple étui
Enfin, je me ressemble

A l’été zéro trois
pour l’Absolue première fois
je devenais adulte

J’ai commencé par là
ce long chemin de croix
et rencontré le culte

Pas celui de l’Église mais celui de la Tise
Bien frappée à la gouaille,
Et puis, qu’on se le dise, à part à deux trois reprises
On buvait pas à la paille

A l’été zéro trois
mon flot comptait sur ses doigts
pour réciter sa prose

Parce que, pas bien sûr de toi,
tu réfléchis tes choix
et puis un jour tu oses

Tu veux dire des choses, et tu veux que ta cause
S’habille en jolies rimes
Pas question que tes roses soient maculées de doses
Et rejoignent une abîme

A l’été zéro trois
j’aurais fait n’importe quoi
pour avoir du talent

Plus qu’un simple bon gars
et plus réglo qu’un soldat
j’aurais voulu vraiment

Suffit pas d’un instant,on achète ou on vend :
Signez-là, c’est à vous !
Pour avoir du talent : le vouloir vraiment,
Ça ne fait pas tout

A l’été zéro trois
qu’est-ce que je doutais de moi
c’en était maladif

Et si ça paraissait pas
si ça transparaissait pas
j’étais jamais sans mon kif

J’avais mon heure de gloire et souvent, tard le soir,
J’prenais la tête aux gens,
J’racontais mes déboires, c’était dev’nu notoire,
On disait : « Alex, il est chiant »

A l’été zéro trois
en à peine deux mois
Compay, Marie, Bertrand

Je n’en cite que trois
qui ont touché le fracas
Mais y en avait tellement

A deux doigts qu’j’m’y ajoute, que j’tombe dans l’eau victime d’une joute
Verbale et assassine
Que veux-tu quand on doute, courir coûte que coûte
Devient une sacrée épine

A l’été zéro trois
je n’imaginais pas
un jour être père

Patriarche ou papa
certains sont faits pour ça :
papouner pépère

J’en n’avais rien à faire, se poser, fonctionner par paire,
Après trois semaines d’essai :
J’regardais dans les airs, j’rêvais d’une montgolfière
Prendre le ciel, partir d’un trait

A l’été zéro trois
dix ans avant d’en être là …

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A l’été zéro trois

En passant

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