Initiation au style

(Mr Mots)

Ma douce, se peut-il
Que malgré tout l’on soit
Tout ce qu’on ne veut pas
Si sombre et si hostile
Des prisons, des asiles
Qui guettent nos faux pas
Parfois même projettent
Une fine ombre de croix

J’ai marché dans des villes
Aux noms imprononçables
Aux allures improbables
Si sombres et si hostiles

J’ai déroulé ce fil
Par delà tant d’étals
J’en ai vus des vandales
Si sombres et si hostiles
Dans de hauts lieux mercantiles
Où le client est Roi
Tant d’odieux inutiles
Inconciliables Soi

Des messagers virils
Pourfendeurs de faiblesses
Diffusent alors sans cesse
Tous les plaisirs faciles

J’ai marché dans ces villes
J’ai vu ce qu’on y laisse
La beauté, la finesse,
Pour un tout si futile
Des folies aux rêves
Fausser les précipices
S’arrêter tout net
Aux pieds des consciences

Et regarder les autres
Pour finalement se voir
Intégrer ces écarts
Mais souffrir des absences

Chercher bien sûr le sens
Formuler la question
Émuler la prudence
Et avancer par bonds

Mais des folies aux rêves
Diagonales d’un être
C’est un tout qui relie
Les rêves et les folies

Chaque fois j’y reviens
Dans cet autre jardin
Que personne ne voit
Et qui me tend les mains
Les fleurs n’y sont pas belles
Les arbres pas très haut
Le soleil dans le ciel
Qu’on a tagué des maux

Et les mauvaises herbes
Envahissent l’espace
Je recherche une place
Pour y planter un verbe

Panser, soigner, guerrir,
Croire, vivre, sans fuir,
Ensemencer, laisser grainer,
Apporter, enrichir,
J’échoue dans mes choix
Les rares idées qui prennent
Sont faibles et sans voie,
Inertes, fades et ternes

L’absence de clôture
Permet à ceux qui veulent
De ne pas rester seuls
En marge des aventures

Au contraire on y voit
D’étranges énergumènes
Et les débats qu’ils mènent
Avec des gens de choix
Démontrent si besoin
S’il en fallait la peine
Que le mélange amène
Toujours un meilleur foin

Ces arbres pas très haut
Et ces sèches fontaines
Ce jardin loin d’Éden
Me dirait Cyrano

Toutes ces fleurs sont miennes
Ces idées, ces quatrains
Qui ne le sont pas moins
Faudra-t-il que j’y tienne ?

La profondeur des peines
Me livre une mesure
Comme un degré d’usure
Qui me tord et m’emmène
J’endosse, bientôt je plie
Je me trouve si frêle
Sur moi tombe la grêle
Mais jamais je dévie

La profondeur des peines
Est un fond difficile
Si sombre et si hostile
Qui me tient en haleine
C’est comme si dans ces fonds
Toute l’obscurité
Faisait de ces profonds
Un lieu de sûreté

C’est la douceur du rond
Qui fait de tous ses points
Tangents, main dans la main
Une barrière, un front
C’est la couleur des cons
Le velours de l’écrin
La puanteur des chiens

C’est l’espoir du matin

Ou l’angoisse c’est selon

Que différencie-t-on
De semblables destins ?
C’est le mot de la fin
La brutale sanction
La fin des lendemains
L’apogée d’à quoi bon

Si je ne sers à rien
Si je perds la raison
Si les quatre saisons
S’achèvent un jour, enfin
Je descendrais en ville
Je prêcherais ces fables
Et debout sur les tables
Aussi sombre qu’hostile

J’introduirais l’idylle
Les joies renouvelables
Les vies incrémentables
L’initiation au style

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Initiation au style

En passant

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