A l’orée des beaux jours

(Mr Mots)

 

A l’orée des beaux jours,

Comme d’un matin d’été,

C’est calme et tout autour

Le calme semble doré

J’ai la trouille des grands jours

La tête parasitée

Mon cœur joue du tambour

La vie me semble comptée

Et si j’appelle au secours

Tout s’efface et se distrait,

Alors laisser libre cours

A tout ce qui te semblerait

Essence, Je & chandelle

Tu es sans moi, je chancelle

Laissons le feu, les sons, les perles

Les jeux pour nous, mes pas sans elle.

Au matin du grand soir,

Rien n’avait jamais été,

Je ne pouvais pas savoir

Rien ne serait plus compté

Être à tes côtés, m’asseoir

Fidèle à l’oisiveté

Siffler un air au hasard

Ouais…

Et si j’appelle au secours

Tout s’efface et se distrait

Alors laisser libre cours

A tout ce qui te semblerait

Essence, Je & chandelle

Tu es sans moi, je chancelle

Laissons le feu, les sons, les perles

Les jeux pour nous, mes pas sans elle.

A l’orée des beaux jours

En passant

Vielle chanson du jeune temps

(V. Hugo)

Je ne songeais pas à Rose

Rose au bois vint à avec moi

Nous parlions de quelque chose

Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres

Je marchais à pas distraits

Je parlais des fleurs, des arbres

Son œil semblait dire : Après ?…

La rosée offrait ses perles

Les taillis ses parasols

J’allais, j’écoutais les merles

Et Rose les rossignols

Moi, seize ans, et l’air morose

Elle, vingt, ses yeux brillaient

Les rossignols chantaient Rose

Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,

Leva son beau bras tremblant

Pour prendre une mûre aux branches

Je ne vis pas son bras blanc

Une eau courrait, fraîche et creuse

Sur les mousses de velours,

Et la nature amoureuse

Dormait dans les grands bois sourds

Rose défit sa chaussure

Et mit, d’un air ingénu,

Son petit pied dans l’eau pure,

Je ne vis pas son pied nu

Je ne savais que lui dire

Je la suivais dans le bois

La voyant parfois sourire

Et soupirer quelquefois

Je ne vis qu’elle était belle

Qu’en sortant des grands bois sourds

– Soit ; n’y pensons plus ! Dit-elle

Depuis j’y pense toujours.

Vieille chanson du jeune temps

En passant